mercredi 25 juin 2014

Trail du Gerbier - Trailcosto 22km - dimanche 15 juin 2014


Liens divers :

  - parcours sur Garmin 
  - parcours sur Runkeeper 
  - le site de la course 
  - les résultats ici (dossard 651, 2e femme, 1e senior, 77e scratch sur 154)
  - les diaporamas et vidéos de l'organisation
  - les photos de l'organisation
  - récit d'un autre coureur : par là

Le profil du 22km


Et le résumé
Je décide de faire la course un peu au dernier moment (le temps de trouver un covoiturage pour aller sur place, le 1er bus étant trop tard : merci Nico), et donc je dois m'inscrire sur place le matin même. 


Départ de Grenoble de bon matin sous un ciel bien couvert, dans une ambiance fraîche et humide, à se demander pourquoi on s'est levés... En arrivant à Prélenfrey c'est encore pire, on a pris un peu d'altitude et le thermomètre donne à peine 13 petits degrés : au moins on aura pas trop chaud, ça nous changera de la semaine de canicule qui a précédé ! Mais du coup je pars avec les manchettes, et le k-way dans la poche de ma ceinture. J'ai le dossard 651, après le briefing je me place pas trop loin sur la ligne de départ, pas avec les fous qui vont partir à fond (surtout qu'on part en même temps que 2 courses partent en même temps, mon 22km mais aussi un 9km).

Dès le début je me mets en mode "compet" pour faire honneur à mon T-shirt du TTT ;-) Donc je cours tout le début les petites bosses et faux plats dans le village puis sur piste, puis quand assez tôt on attaque la "grosse" longue montée en forêt, avec des passage bien raides, j'essaye d'y aller "à fond" aussi (ce qui veut juste dire que je suis un peu moins ridicule que d'habitude ^^). Le site web annonçait 3 ravitos, mais il y en a partout, le premier à peine à 3 km, puis moins de 2km plus loin, et encore 1km plus loin... en fait il y a des signaleurs partout, et la plupart ont une petite table avec quelques abricots secs, des quartiers d'orange, et quelques boissons. Donc je finis assez tôt par vider mes bidons d'eau par terre pour gagner un peu de poids et éviter que ma ceinture ballote. Dans ma tête une image motivationnelle pour me forcer à avancer le plus vite possible.

Après environ 600m de déniv avalés on émerge à la baraque des Clos avec (encore) un ravito, et on part sur le sentier de contournement. Un génial sentier en balcon sur caillasse :-D trop bon ! En plus la brume s'ouvre pile à temps pour admirer les falaises impressionnantes ! 



Pendant ce temps Nico se fait le parcours du 9km en monocycle, sous les yeux ébahis des signaleurs et photographes.

Sur le balcon, je suis Michel qui vient de me doubler avec un "allez les filles", il me sert de lièvre sur toute la traversée. Je n'arrive pas à le rattraper mais il reste en vue 50m devant moi suivi de près par un autre coureur. On avance bien, personne ne nous rattrape, par contre on commence à voir les coureurs en sens inverse juste en dessous de nous. 


Un peu plus loin on quitte effectivement notre sentier en balcon pour revenir sur une piste forestière, dommage, j'y serais bien restée ! Je double Michel en haut de cette descente, une bonne descente facile sur piste, puis une petite bosse suivie d'une autre bonne descente, et un signaleur nous annonce alors 1km de plat. En fait c'est plutôt un faux plat montant sur piste, du coup il faut se forcer à courir quand même, je m'accroche aux gars devant, et on arrive comme ça au ravito du 16e km. 



Un signaleur m'annonce sur le podium, je n'y avais même pas pensé jusque là, à force de voir des filles partout, mais on avait pas mal de sections communes avec le 9km. Du coup ça me donne un coup de boost et j'attaque de plus belle dans la descente qui suit, en suivant un gars à casquette qui me sert de lièvre et de guide (je serais capable de me perdre...). D'abord du slalom entre les arbres avec évitement de racines au sol, puis une descente bien raide en forêt, du pur bonheur. 


D'ailleurs j'y double la 2e fille, Chloé, je la scotche sur place tellement je vais vite :-) (elle me fera un commentaire à l'arrivée sur ma vitesse de descente ^^). On descend comme ça jusqu'à passer juste à côté du village. On entend la sono accueillir ceux qui ont déjà fini, comme Cyrille du TTT.

Le 9km tourne direct vers l'arrivée mais nous on remonte en face sur la colline, c'est vache... Cela dit j'ai encore bien la pêche, et ça monte raide mais court, du coup je fais loco pour Stéphane qui me remercie à l'arrivée :) un futur membre du TTT. Une fois en haut c'est un parcours de crête en bord de ravin, style forêt du Saint-Eynard, je m'y retrouve toute seule sans personne à suivre ni personne qui me suit... La traversée est assez courte, puis on bifurque pour redescendre à travers la prairie, sur une trace dans l'herbe faite au tracteur la veille, droit dans la pente ! Un bénévole nous encourage avec un panneau 19.8km, j'aurais préféré un panneau avec le nombre de km restants. Comme j'en suis à 2h20 de course, je décide de viser moins de 2h30 pour me motiver sur la fin, ça devrait être possible.


Mais en fait il nous restait encore plus de 2km dans les rues du village, à monter et descendre sans cesse, ça n'en finit pas, et toujours à fond ! Des bénévoles sont assis sur la route à un croisement, ils m'annoncent 2e femme. 

J'ai de plus en plus hâte d'arriver, d'autant que je ne sais même pas si la fille suivante est loin derrière moi, je voudrais pas qu'elle me rattrape maintenant. 

Je croise Cyrille qui a déjà terminé et retourne à la rencontre d'une autre coureuse. Et enfin on arrive dans la prairie, on en fait le tour pour franchir la ligne d'arrivée, des gamins nous accueillent d'un concert de cloches, je sprinte dans l'herbe jusqu'à la ligne.
 

 

Et je termine 2e femme ! en 2h32'32" plus vite que j'aurais cru possible !! 







Je retrouve à l'arrivée un coureur du CMI Tullins déjà croisé au Festa trail du Pic Saint-Loup, Michel qui sera au Grand Duc dans 15 jours, et Stéphane le futur membre du TTT. Et j'enchaîne sur le buffet gargantuesque, suivi d'un massage !


 Podium en plein air, il fait plus très chaud...

Pour conclure, superbe course dans des magnifiques paysages, super organisation, des signaleurs et photographes et ravitailleurs partout avec toujours un mot d'encouragement, une météo parfaite (la pluie a attendu qu'on soit tous rentrés pour se mettre à tomber), un balisage tip top, un buffet final grand luxe (merci au chef !), et même des massages : à l'année prochaine ! :-D


mercredi 18 juin 2014

Annecy XL race - video

La vidéo de la XL race, c'est par ici !


samedi 7 juin 2014

Annecy XL race jour 2 - 1er juin 2014

Réveil à 4h, un peu mieux que la veille, et couchée plus tôt. Du coup je me réveille même avant le réveil. En plus le sac est déjà prêt. D'abord prévu d'aller en voiture jusqu'à l'arrêt de bus au bout du maxi-village (un peu la flemme de me taper 3 km maintenant, un peu tôt pour s'échauffer), mais finalement on part dans l'autre sens direction Doussard directement. Une heure de sieste dans la voiture et ça commence à s'animer autour et dans la salle des fêtes. Dehors les montagnes qui nous attendent sont magnifiques dans les premières lueurs du jour, mais c'est aussi le moment le plus froid de la journée, alors je vais vite me mettre au chaud dans la salle. Des bénévoles nous servent du thé et en buvant le mien je fais la rencontre de Sylvain qui vient de Paris mais porte le buff du TTT ! Je retrouve aussi Matthias.

7h moins pas grand chose, il est temps d'aller se placer sur la ligne de départ, on sent comme une perte de motivation depuis la veille :-) d'ailleurs ça part bien tranquille malgré le début à plat sur bitume... Cette fois c'est nous dossards violets qui partons devant, et serons pris en chasse par les marathoniens qui partiront à 8h sur le même parcours. C'est sympa cette répartition des courses qui permet d'avoir toujours du monde sur le parcours. Dès le début je double un peu, motivée à courir plus vite que la veille (maintenant que je suis échauffée ^^), mais je me suis un peu trop couverte (partie avec gilet léger et gants) et j'ai vite chaud quand on attaque la montée. Je perds un peu de temps à enlever les gants et les manches, on me double, puis je trouve mon rythme et j'entame une longue partie de Pacman ! Comme annoncé par Thierry, le chemin monte régulièrement vers le col de la Forclaz, pente pas trop raide, juste bien pour moi, mais super étroit en bord de ravin, et je me fatigue pas mal à doubler tous les petits trains bloqués sur un faux rythme par une locomotive que personne n'ose ou n'arrive à doubler... ça m'occupe bien et quand j'arrive en haut au Col de la Forclaz tout va bien, un arrêt express au point d'eau et c'est reparti. On me dit qu'on va aux chalets de l'Aulp (j'avais compris "chalets de l'eau") et au col des Nantets (et pas des Nantais).

Chalets de l'eau, ils auraient bien porté leur nom aussi : on monte le long d'un torrent, sur un sentier bien gadouilleux, d'abord dans les arbres puis à ciel ouvert. On voit les chalets au-dessus de nous, et je me fais un gel quand je commence à fatiguer dans la pente qui se raidit. Notre chemin débouche ensuite sur une piste avec beaucoup de spectateurs (et une voiture qui a tellement de mal à négocier les creux et les bosses de la piste 4x4 qu'on monte quasi aussi vite qu'elle). Une fois aux chalets, je recroise Sylvain du TTT, avant de le perdre au bénéfice de la micro descente qui suit, juste le temps de souffler avant d'attaquer la montée finale vers le col des Nantets. Cette fois on est dans les alpages, et ça monte de plus en plus raide dans l'herbe, c'est magnifique. Et d'un coup on entend des cris derrière, "laissez passer", "attention", et on voit débouler le premier marathonien ! On a fait 15km en 2h30, il est parti 1h derrière nous et s'est donc fait tout ça à 10km/h de moyenne, sans compter que c'était loin d'être plat... Bravo les gars ! Plusieurs autres suivent et à partir de là on se fait de plus en plus régulièrement passer par les dossards jaunes du marathon.

Alors qu'on approche du sommet, le terrain tourne à l'aiguille rocheuse, qu'on commence par contourner sur une petite vire avec câble sur quelques mètres, puis par grimper, marches de pierre, câble pour se tracter, et tout en haut on voit (et on entend) des chèvres et leurs cloches. C'est tellement beau que je sors la gopro pour filmer en même temps que j'avance, bâtons dans une main, caméra dans l'autre, et le câble... dans la 3e ? Christian arrive derrière moi et me propose de me filmer "si je fais un bisou à la chèvre" : OK ! un petit passage d'"escalade" avec câble, on met les mains, quelques marches de pierre, un pas hors du chemin pour faire un bisou à la chèvre :-D ça fait marrer les gars en haut qui me disent que je suis la 1e à leur faire un bisou, j'aurai au moins été première quelque part ;-) 

Et là ça redescend je lâche tout ! et je perds tous les gars qui étaient autour de moi... un petit sentier dévale dans l'herbe puis rejoint une large piste où je vais à fond, et tant pis pour les quadris qui commencent à couiner, pas tout à fait remis d'hier encore. On croise quelques marcheurs qui montent, nous encouragent, nous félicitent, jusqu'à un vieux randonneur obèse aigri qui monte de front avec sa femme et bloque toute la largeur de la piste. Il ne s'écarte pas d'un cm, et à moins de sauter dans le bas côté et ses gros cailloux on peut pas trop s'écarter non plus, mais il n'hésite pas à me rentrer exprès dedans tout en m'engueulant d'un "priorité à la montée", et quand on (les autres coureurs, spectateurs, et bénévoles aux alentours) essayons de lui faire entendre raison, il nous rétorque "vous avez qu'à pas courir". OK, un aigri qui aime pas les coureurs, il a mal choisi son jour parce qu'il a pas fini d'en voir passer, là... Un peu contrariée par l'incident, je finis par me remettre dans ma descente, où les marathoniens me servent de lièvres. Il faut oublier les quadriceps pour aller vite, mais est-ce que je ne risque pas de le payer plus tard ? on verra plus tard :-)

Un point d'eau nous attend en bas, ça tombe bien je commence à être juste en eau (je porte 1 litre en 2 bidons, presque tout bu dans la montée). Puis on attaque ce qui sur le profil avait l'air de 3 mini bosses presque plates, mais force est de constater que tout est une question d'échelle... Je rencontre Sébastien qui commence par s'accrocher à moi en descente, puis me tire quand je galère en montée. On discute et les 3 bosses passent finalement plutôt bien, puis on bascule dans la descente sur Menthon, qui se termine sur la route où on croise ceux qui repartent du ravito... c'est toujours déprimant de se dire qu'on va devoir refaire ça à l'envers... Je fais un arrêt super-express au ravito : je bois de l'eau gazeuse et du gatorade (woohoo, cette fois je suis arrivée assez tôt pour qu'il en reste), fait le plein des 2 bidons d'eau, emporte 2 gels et des abricots secs, et quand je ressors derrière Sébastien je me rends compte que je n'ai rien mangé. Mais comme il fait déjà plutôt chaud je n'ai pas franchement faim. 
Il est environ 10h du matin. Je suis Sébastien qui m'attend un peu pour la montée. A la sortie du ravito un bénévole nous a annoncés 140e, du coup il veut faire le top 100, et courir la fin en moins de 2h... j'avais estimé qu'il faudrait 3h, donc on dit finalement 2h30 ^^. Il planifie que s'il me sème en montée je le rattraperai en descente et on finira ensemble à Annecy. On commence par monter sur bitume à travers la ville, une pente ni assez raide pour marcher ni assez plate pour courir... On longe ensuite le magnifique château de Menthon, à visiter une autre fois. Puis effectivement il me sème assez vite dans la montée du Veyrier. Une montée d'abord régulière avec des replats réguliers pour souffler, un rythme qui me convient bien, jusqu'à ce que ça tourne franchement au mur... Là ça devient vraiment dur, je me fais un 2e gel et je m'accroche, en discutant un peu. Un coureur un peu je-sais-tout m'annonce que la descente qui vient est mortelle pour les genoux, et qu'il faut bien une heure : ça fait tilt, et je me lance le défi de la faire deux fois plus vite ^^. Même les marathoniens ont du mal dans cette montée, c'est rassurant. D'ailleurs à un moment on croise 2 randonneurs qui descendent, ils encouragent un marathonien qui craque complètement, plié en 2 dans la montée : "regarde, c'est juste là le sommet !", ils sont morts de rire devant la tête du pauvre gars. Mais donc on est quasi en haut ! 

On débouche sur le sommet que je reconnais pour l'avoir fait l'an dernier à la même époque, mais sous la neige ! c'est magnifique ! vue sur le lac, soulagement d'être en haut. Puis on enchaîne sur un chemin de crêtes qui n'en finit pas de faire des bosses où on croit être en haut mais on repart... On fait toute la crête, puis on replonge en sous-bois, et enfin je reconnais l'arrivée du KMV : un bénévole bippe nos puces et on attaque enfin la descente finale. Je note que j'en suis à 5h47 de course (il est midi 47 donc), et j'attaque, à fond, en doublant dès que je peux (parfois difficile, certains ne laissent pas passer). Je me fais plaisir, je double même les marathoniens, et des trains entiers de gars qui veulent juste arriver. Par contre personne ne me double, à part un marathonien qui coupe les lacets. Je trébuche sur des racines ou rochers et manque tomber 2 fois mais mes quadris tiennent encore bien heureusement. Je croise quelques randonneurs qui s'écartent en m'encourageant, un peu honte de faire pousser tout le monde pour moi, heureusement après le parking il n'y a presque plus personne. Un moment d'hésitation sur la direction quand on croise un chemin plus large, puis je reconnais la descente de vendredi. Je dévale le dernier raidillon pour terminer la descente en 30mn pile ! Gagné ! :-D

Sur ma lancée je traverse la route où un gendarme arrête les voitures pour nous, et arrive au bord du lac, on m'oriente vers le ponton, on court sur le ponton de bois, yahoo, j'adore ! trop cool. Bon par contre maintenant il faut se taper un bon dernier km de bitume plat, en ville. Mais j'ai encore plutôt la pêche, et j'ai droit à pas mal d'applaudissements des gens qui prennent un bain de soleil ou d'eau du lac, ou qui se baladent, alors je cours vite, enfin bien à 11km/h ^^. On doit encore faire tout le tour du maxi village, là un gars me double en sprint alors je le suis, pour un sprint final sur l'herbe avant de revenir sous l'arche d'arrivée. Ils nous ont déroulé le tapis rouge, avec un montée raide pour arriver sur une estrade juste sous l'arche, et redescendre de l'autre côté en manquant me casser la gueule ^^

J'ai réussi moins de 2h30, et en plus je retrouve Sébastien arrivé peu de temps avant (j'ai pas réussi à le reprendre en descente finalement, il devait avoir pas mal d'avance, faut vraiment que je progresse en montée) qui me montre mon classement : 98e et 6e senior femme sur l'étape 2 : top 100, c'est fait ! :-D On a remonté plus de 40 places, j'y croyais pas.

Le temps de récupérer ma bouteille de gatorade et mon gilet finisher (un genre de veste de jogging de pas top qualité sans aucune poche, plutôt décevant...), direction le ponton en bois pour un séance de cryothérapie dans l'eau du lac, en encourageant les coureurs qui continuent d'arriver pendant plusieurs heures. Difficile de quitter cette belle ville d'Annecy, mais vers 18h je m'y résous enfin. Pas trop fatiguée de la course, c'est finalement le retour en voiture et le stress du copilotage qui auront raison de moi. Autant dire que je me suis couchée tôt ensuite !


Prochaine course prévue : le Grand Duc de Chartreuse ! Cette fois-ci il s'agira de faire la même distance et dénivelé mais en une seule fois, et avec des barrières horaires serrées, qui m'ont sortie l'an dernier... : revanche à prendre !




jeudi 5 juin 2014

Annecy XL race jour 1 - 31 mai 2014

Réveil à 2h30, départ de l'hôtel à 3h direction le départ à 2km de là. Je croise les coureurs de la Maxi-Race qui partaient à 3h pour faire le tour complet d'une traite, mais impossible de repérer L'ami Ricoré ou Thierry dans cette foule de frontales. Puis le calme revient, et je longe le lac seulement fréquenté à cette heure par d'autres coureurs et des fêtards attardés (dont 2 jeunes gars qui chantent le générique de Dallas... :-o ). Le temps de passer la frontale, sortir les bâtons, et on s'entasse dans le sas, on se tient chaud mais il ne fait de toutes façons pas si frais.

4h pétantes, le départ est donné, et on s'élance à notre tour, en chasse des maxi-racers. On commence par un peu de plat sur le bitume d'Annecy, où fidèle à mon habitude du départ tranquille je laisse tout le monde me doubler, avant d'entamer la montée du Semnoz. Et là ça ralentit immédiatement et je me mets à doubler... La montée est longue et régulière en sous-bois, j'écoute de la musique et je monte au rythme des coureurs autour de moi. La montée est interminable, je m'attendais à un point d'eau vers le 10e km mais non, alors je contre la fatigue qui s'installe en prenant un gel (finalement ça passe bien ces trucs, mieux que les barres dont j'ai plus l'habitude). Le petit jour finit par se lever, et il se met à faire de plus en plus froid, je regrette mes gants restés à l'hôtel... On passe à travers un bivouac avec un grand dôme qui permet de dormir avec vue sur le ciel étoilé, sur un chemin tout bordé de chandelles et flambeaux, super ambiance, avant de déboucher sur la route. La vue est superbe sur les sommets alentour qui émergent d'une dense mer de nuages. On continue à monter sur une piste jusqu'au point de vue avec table d'orientation, tout le monde fait des photos, puis on plonge de l'autre côté, sur une pente herbeuse qui nous amène au ravito devant le resto Courant d'Ere qui porte bien son nom, ça souffle bien par ici. 
Remplissage des bidons, ravito à base d'abricots secs et de muesli (pas encore l'heure pour les tucs...), je troque la frontale pour les lunettes de soleil, et c'est reparti avant de prendre froid, j'ai les doigts gelés... On descend sur la route puis très vite on tourne à droite sur un chemin boueux, et on entame la longue descente jusqu'au fond de la vallée où nous attend un point d'eau. On descend aussi dans les nuages, ou les nuages montent à notre rencontre, mais très vite on est en plein brouillard. Je descends bien et double plein de monde dans une descente glissante et technique à souhait en sous-bois. En bas je fais un arrêt express au point d'eau le temps de refaire le plein et avaler mon 2e gel pour la montée qui nous attend. Cette fois on a seulement 600 ou 700m de dénivelé à monter vers le col de Leschaux, mais comme à mon habitude j'y traîne beaucoup trop et me fais doubler par tout le monde... Puis on bascule sur une magnifique descente bien raide mais assez courte. Dommage car je m'y éclate comme un petit fou : cailloux qui glissent, racines, ornières de gadoue, je saute d'obstacle en obstacle bien contente de pouvoir compter sur mes bâtons pour m'équilibrer, et je joue à pacman avec tous les coureurs qui m'ont doublée dans la côte précédente, et plus encore. D'un coup on débouche sur un point de vue dégagé sur le lac, où plusieurs coureurs sont arrêtés, c'est tellement beau que je prends le temps d'un arrêt pour tourner une vidéo, avant de replonger dans la descente.

Encore un point d'eau dans un petit village au fond, je pensais faire un pause mais tous les coureurs que j'ai doublés ne font que passer alors je me dépêche aussi, juste le temps de remplir mon bidon et on attaque la dernière petite bosse de la matinée. L'idée de s'arrêter pour aujourd'hui à Doussard et de ne faire la suite que demain est assez attrayante finalement :) Je descends "like there's no tomorrow", je sens que mes quadriceps vont m'en vouloir tôt ou tard mais tant pis, c'est trop bon ! Malheureusement on arrive trop vite en bas, en bord de grand route, et on se paye 1 ou 2 km de bitume puis dans l'herbe le long de l'aire d'atterrissage de parapentes, c'est long, très long, mes jambes me demandent de marcher, mais je me motive à courir pour finir sous les 7h30. 

Il est 11h29 quand j'arrive enfin à la salle des fêtes de Doussard qui abrite le ravito... Je suis juste sous les 7h30, mais je n'ai finalement pas réussi à rattraper Thierry qui est passé là une vingtaine de minutes plus tôt (quant à L'ami Ricoré, il est déjà loin ! :) ). La salle est pleine de maxi-racers avec leurs dossards oranges, qui vont repartir dans la foulée pour terminer le tour ce soir, alors que nous allons récupérer tout l'aprem. L'idée est séduisante dans l'immédiat, mais demain matin eux pourront dormir heureux d'avoir terminé alors que nous xl racers aux dossards violets on devra se lever et repartir. Après-midi passé à siester, puis balade en ville (bain de foule) et glace, dîner dès l'ouverture du resto, avant de m'endormir pendant le massage Compex.... Demain le réveil sonne à 4h...




mercredi 4 juin 2014

Annecy Vertical Race - 30 mai 2014

15h, après 1h de route depuis Grenoble et 1h de plus pour passer les bouchons à l'entrée d'Annecy et trouver à se garer, arrivée au maxi-village pour retirer mes 2 dossards et mes 2 T-shirts.

16h, sieste à l'hôtel et préparation du matos : pour le KMV la liste du matos obligatoire comporte veste de pluie, couverture de survie, 225ml d'eau (c'est précis), un gel énergétique (berk), un téléphone chargé (c'est mieux), et des chaussures de trail. Ils n'ont pas précisé si on pouvait courir à poil, mais pieds nus c'est interdit.

17h, direction le départ en courant pour m'échauffer un peu. Je croise L'ami Ricoré sur le chemin, qui court la Maxi-Race demain. Le départ de la Vertical Race est tout au bout du maxi-village en face du ponton, au pied du chemin qui monte directement au Mont Veyrier et au Mont Baron. Des panneaux de randonnées annoncent la couleur en indiquant 2h55 de montée pour le sommet...

17h45, briefing. On est une petite centaine de coureurs à partir, toutes les 20 secondes dans l'ordre de nos numéros de dossard. Heureusement j'ai le 35, je n'aurai pas trop à attendre, par contre je risque de me faire doubler par pas mal d'avions...

18h c'est parti pour "le premier des 5000 coureurs du week-end", sous nos applaudissements. Tous les premiers gars partent en courant droit dans la pente, avant de disparaître quand le chemin tourne derrière le muret. Puis c'est au tour d'Anna Frost, en courant aussi, facile. Les bâtons sont autorisés mais relativement peu de coureurs les ont pris. Derrière on s'inquiète et on se dit que nous, pas fous, on partira en marchant.

18h10 c'est mon tour, et finalement je pars en courant aussi... il y a des spectateurs partout le long des premiers mètres, qui nous encouragent, c'est sympa mais du coup je n'ose pas marcher :-) après un début sur graviers qui roulent, on passe sur un petit single en forêt, qui a l'avantage d'être ombragé, car il fait encore très chaud. Il y a pas mal de replats pour relancer, ce n'est pas trop raide, je cours plusieurs fois, mais me fais quand même très vite doubler par les 2 gars partis derrière moi, puis plus personne pendant longtemps, c'est même moi qui double un ou 2 coureurs. Environ à mi-parcours on passe un petit parking et là comme annoncé par un gars du coin en bas, on se prend un mur... Le chemin devient super raide pendant un bon moment, j'essaye de m'accrocher à 2 gars qui me doublent, sous les encouragements de quelques spectateurs, mais je réussis seulement à me sentir tellement mal que je dois m'arrêter pour reprendre mon souffle. Un petit gel énergétique (quitte à le porter...) et un coup à boire et ça repart. Heureusement la pente s'adoucit ensuite à nouveau, puis on commence à croiser les premiers gars qui descendent déjà. C'est à la fois rassurant (ça doit être bientôt la fin) et frustrant (à quelle vitesse ces gars sont capables d'aller? réponse: assez vite pour finir en 34mn). Puis on se prend un 2e mur encore pire que le précédent, au pied d'une paroi, entre cailloux et racines, que je reconnais pour l'avoir descendue l'an dernier sur la rando-course gadouilleuse de remplacement de la Maxi-Race annulée. Je m'accroche comme je peux, quand d'un coup, on passe Anna Frost sur le côté qui m'encourage! :-D je la félicite au passage, elle me remercie et m'annonce "the last climb before the finish". Allez, avec ses encouragements et la fin qui est proche, il faut que j'y aille ! Je pousse plus fort sur les bâtons, le mur se termine, suivi d'un dernier replat et d'une montée descente sur laquelle on peut courir un peu, et on finit par une petite descente au pied de laquelle un bénévole bippe notre dossard. J'ai mis 58mn pour monter, pas terrible, d'ailleurs je finis 72e sur 86 coureurs. La montée c'est décidément pas mon truc. 





19h10 - L'arrivée est sur un petit belvédère, premier point de vue de toute la montée, mais quel point de vue ! Vue sublime sur le lac et Annecy loin en-dessous de nous. Du coup je prends le temps de faire des photos et vidéos, de me rendre compte que j'ai réussi à m'ouvrir le genou sans même m'en apercevoir, et de reprendre mon souffle, même si ça c'est vite fait (je n'arrive pas encore à me mettre vraiment dedans en montée, surtout sachant que je recours demain à 4h du matin...) avant de redescendre avec Matthias. On met presque autant de temps à descendre qu'à monter, je meurs de soif, mes 225ml d'eau sont épuisés depuis longtemps, on passe au maxi-village récupérer notre gatorade mais c'est désert, on trouve un bénévole qui nous donne notre bouteille en nous disant que c'était demain en fait... le roadbook disait "à votre retour au village", mais ils s'attendaient peut-être à ce qu'on dorme au sommet avant de revenir...

Avec tout ça il est presque 21h quand je rentre à l'hôtel, j'ai juste la force de me faire un sandwich pour le dîner, préparer mes affaires pour le départ à 4h demain matin, et me coucher.